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Pourquoi ce site ?

Bienvenue sur le site du projet Le droit d’après. De quoi s’agit-il ? Le droit d’après est le fruit de discussions menées entre deux enseignants-chercheurs juristes, Jérôme Charpentier et Jean-Baptiste Thierry, de la Faculté de Droit, Sciences économiques et Gestion de l’Université de Lorraine. Ces discussions portaient sur l’intérêt de réfléchir autour des relations entretenues entre le droit et la littérature et sur la manière dont ces réflexions pouvaient irriguer l’enseignement du droit dans les facultés.

De fil en aiguille, il a été décidé de passer à l’action en lançant, à titre expérimental, un projet pédagogique permettant aux étudiants en droit de faire travailler leur imagination à partir de la lecture de romans.

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Présentation du corpus du Continent-monde (Groupe 5)

Ce n’est pas un simple travail que Junior Yvan Evina, étudiant de première année, a créé seul: c’est un véritable univers avec sa cohérence (économiques, géographique, sociale, etc.), sa logique, ses lois. C’est cette réflexion d’ensemble, qui a donné naissance à un corpus de deux Constitutions et d’une nouvelle, qui vous est présentée ici.

Poussant le souci du détail jusqu’à créer les textes juridiques qui serviront d’ossature au monde qu’il créé, l’auteur propose ici une nouvelle qui ne peut qu’inquiéter le lecteur contemporain (même si des lueurs d’espoir existent çà et là). La société qu’il dépeint est une société de classes – chacune ayant une couleur assignée et son lot de droits et interdictions – dont le principe inégalitaire est renforcé par l’emprise de corporations hégémoniques du fait de leur monopole technologique. Alors que les corps humains sont modifiés technologiquement pour assurer une connexion permanente et, de fait, une dépendance envers les corporations, la puissance publique est incapable de jouer son rôle effectif de tiers régulateur. Le de droit est dès lors vidé de son sens, réduit à sa simple expression instrumentale, sans plus réellement consacrer et protéger l’Homme.

L’expérience de pensée, ici mise en scène dans une nouvelle et décrite au travers de deux textes juridiques, illustre, en plus de la lutte pour le droit, comment des principes ou des concepts fondamentaux du droit peuvent, si l’on y prend pas garde, se retourner contre ceux qu’il doit protéger.

C’est ce monde que l’auteur va vous présenter. Bonne lecture.

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Présentation du Verdict (Groupe 5)

Pour poursuivre le cycle de présentation des travaux 2025-2026, voici le travail réalisé par trois étudiants du groupe « Cyberpunk » : M. Basile Colmé, Mmes Eline Chopin et Claire Cavalieri.

Le travail qu’ils ont imaginé prend la forme originale d’un journal, Le Verdict, publié en 2090. C’est la presse qui raconte l’entrée en vigueur d’une justice qui se privatise petit à petit par le numérique. Choisir de recourir à la presse pour montrer ces évolutions peut être vu comme une manière de montrer comment le public – celui de 2090 mais peut-être aussi celui d’aujourd’hui – s’accoutume petit à petit au recul de ses droits et libertés. Jugez plutôt : la présomption d’innocence disparaît au profit d’une présomption de danger, l’égalité dépend de l’utilité économique des individus, le juge n’existe plus car il suffit de calculer et non de raisonner. Le droit devient un simple instrument de régulation au service des puissances qui le produisent. Le futur écrit est évidemment inquiétant, mais les auteurs montrent entre les lignes que le droit que nous connaissons aujourd’hui n’est pas acquis et qu’il pourrait être amené à disparaître, remplacé par le droit d’après. Demain comme aujourd’hui, c’est la presse qui joue son rôle de chien de garde de la démocratie et alerte les consciences.

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Présentation de la Charte de 2077 et ses protocoles (Groupe 5)

Pour initier le cycle de présentation des travaux 2025-2026, nous vous proposons de découvrir celle de 4 étudiants membres d’un sous-groupe rattaché au groupe 5, travaillant sur le thème du “Cyberpunk”: Mmes Lilou D’HOOGE, Floriane RAVALLEC-LE DILY, Jade DROUARD et M. Allan EHRENGARTH, étudiants en L1, L2 et L3.

Le travail qu’ils ont eux-mêmes imaginé et qu’ils vous présentent ci-dessous, invite à se projeter dans un futur inquiétant où les repères que nous considérons comme acquis ne sont plus. En choisissant de présenter un texte juridique et ses évolutions ultérieures, ces étudiants ont certes souhaité montrer que le droit est évolutif, le fruit de conflits, de rapports de force qu’il cristallise. Mais il y a plus.

Le choix de présenter une évolution des textes dans le temps est souligné une véritable narration par le droit. En insistant sur ce que le droit dit, notamment sur l’Homme, ils montrent le changement des représentations qui le gouvernent. Les rapports de force à l’œuvre vident petit à petit les constructions juridiques de leur sens et de leur substance, quitte à ce que le droit soit lui-même réduit à sa vocation d’instrument. La mise en scène de cette évolution est ainsi une invitation à penser demain, mais aussi à prendre la mesure de l’importance du droit et des constructions qu’il a édifiées.

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Retour sur le concours « Imaginez les finances publiques de demain »

L’un des buts du projet le Droit d’après est d’amener l’étudiant à envisager ses études de droit autrement, en mettant ses connaissances au service de son imagination pour mieux les dépasser. Si cette approche, qui s’inscrit dans la perspective Droit et Imagination, s’est avérée féconde au regard des travaux des étudiants présents sur ce site internet, elle est aussi une source de réflexion pour le pédagogue en ce qu’elle contribue à envisager autrement la transmission de connaissances. C’est cet état d’esprit, alimenté en cela par des échanges1, qu’est née l’idée de créer un concours qui s’adresse à des étudiants de deuxième année, dans une matière que les étudiants redoutent en raison de son peu d’attractivité : les finances publiques. Le présent billet se proposera d’expliquer les buts poursuivis, le cadre proposé, mais aussi, et surtout, de proposer à la lecture les travaux des étudiants.

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La science-fiction comme outil de pensée politique et sociale : retour sur la conférence de Yannick Rumpala

Le projet Le Droit d’après propose des conférences transversales destinées aux étudiants participants, afin de nourrir leur réflexion sur les transformations du droit et de la société. Dans ce cadre, Yannick Rumpala, maître de conférences en science politique à l’Université Côte d’Azur, a accepté d’intervenir auprès des étudiants sur un sujet qui croise ses recherches et notre projet pédagogique : le rôle de la science-fiction comme ressource intellectuelle pour penser le futur. Ce billet revient sur les principaux apports de cette intervention.

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Retour sur la conférence donnée par Maximilien Lanna

Le projet Le Droit d’après comprend des conférences transversales à destination des étudiants participants pour leur permettre d’avoir des éléments de réflexion les plus variés possible. Dans ce cadre, Maximilien Lanna, professeur junior à l’Université de Lorraine, a très gentiment accepté d’intervenir auprès des étudiants sur la question des objets connectés. Ce billet permet de revenir sur les éléments essentiels de son intervention.

Maximilien Lanna a abordé la question de la société connectée, où non seulement les individus, mais aussi l’État et les objets sont intégrés dans des réseaux de données. Cette interconnectivité a donné naissance à une ère de la quantification, marquée par l’émergence du Big Data, concept central selon les travaux de Viktor Meyer-Schönberger, défini par la collecte et l’agglomération massive de données, souvent sans finalité prédéfinie.

L’émergence des dispositifs de mise en données fait ainsi naître une société de la quantification. Les nouvelles technologies (montres connectées, domotique, smart cities) permettent une optimisation des comportements et des systèmes, grâce à l’analyse des données. L’objectif est d’ajuster les actions en fonction des informations recueillies, illustrant une gouvernance algorithmique, permettant l’optimisation des comportements individuels et collectifs. Ainsi, les smart cities visent à améliorer le fonctionnement urbain via la collecte de données. La CNIL a publié un Livre blanc sur le corps comme objet connecté, soulignant les risques liés à la surveillance et à la quantification du vivant. Ceci s’inscrit dans des mécanismes de pensée déjà existants: la gouvernance de la société passerait par l’analyse statistique et l’exploitation des données. Ceci renvoie aux travaux d’Alain Supiot sur la gouvernance par les nombres ou de la gouvernementalité algorithmique d’Antoinette Rouvroy. Plusieurs publications majeures permettent de se convaincre de ce phénomène et de mettre en lumière le glissement vers une société de surveillance, où les données deviennent un outil de pouvoir et de contrôle. Par exemple :

  • Shoshana Zuboff : The Age of Surveillance Capitalism
  • Cathy O’Neil : Weapons of Math Destruction
  • Dave Eggers : Le Cercle.

Il en résulte un nouveau rapport à la surveillance. La libéralisation du marché s’adapte au numérique. Au sein de l’Union européenne, les données doivent pouvoir circuler librement ce qui a rendu nécessaire l’adaptation de la protection de celles-ci. En France, dès 1974, un article du Monde est publié, intitulé : « SAFARI ou la chasse aux Français », qui révèle les dangers des fichiers étatiques en raison de leur interconnexion. Tout ceci conduit à une réflexion qui aboutira à la loi Informatique et Libertés en 1978 et à la création de la CNIL, première autorité administrative indépendante. En France, le droit à la protection des données s’est donc d’abord construit contre l’Etat et les fichiers mis en place par les administrations. Il a fallu ensuite s’adapter à l’évolution des nouvelles technologies et à l’apparition de nouveaux acteurs. Le droit européen a ainsi dû s’adapter à l’émergence des acteurs privés (Yahoo, eBay, etc.), qui ont pris le relais de l’État dans la collecte des données. De même, avec l’open data et les réseaux sociaux, les individus deviennent eux-mêmes des surveillants (ex. : suivi des déplacements de Taylor Swift par des fans). Ce vigilantisme numérique s’inscrit dans une dérégulation du numérique, où la surveillance est désormais horizontale.

Face à ces phénomènes, l’État se transforme pour prendre en compte des évolutions importantes. Il faut ainsi prendre en compte l’évolution des entreprises (Apple, Meta, Google, Waze) qui se développent en tant que plateformes renvoyant à l’idée d’un monopole sur un secteur d’activité donné. Ces entreprises captent des consommateurs et leurs données, à grande échelle, et influencent les comportements. Pour certaines, elles ont des pouvoirs qui s’apparentent à ceux des États, si l’on songe par exemple au banissement de Trump de la plateforme Twitter.

L’État est ainsi concurrencé et il tente de se réinventer en État-plateforme, cherchant à redistribuer les données plutôt qu’à les collecter directement. Ainsi, dans le domaine de la santé, la plateforme des données de santé permet aux individus d’intégrer des données issues d’objets connectés privés, sans contrainte étatique. Cette transformation marque-t-elle la fin de l’État-providence ?

Quelle place alors pour le droit ?

La question est ancienne, si l’on pense à la préface de Jean Carbonnier pour le livre L’écriture du droit. On peut envisager une approche nouvelle, par les risques, comme le fait Arnaud Latil. Cette approche repose sur la responsabilité individuelle, ce qui peut être problématique. On peut également envisager une nouvelle forme de régulation du numérique par le droit de l’environnement. La CNIL montre qu’il existe des “intersections entre protection des données, des libertés, et de l’environnement“.

Retour sur la conférence inaugurale de Benjamin Fogel

S’inscrivant dans la continuité de l’année précédente, une conférence mettant en valeur un auteur et son œuvre a marqué le lancement de la nouvelle édition du projet le Droit d’Après.

La nouvelle thématique ‒ « Connectés » ‒ mettant en valeur la figure du Réseau dans toutes ses déclinaisons, c’est Benjamin Fogel, auteur de la Trilogie de la Transparence parue aux éditions Rivages (La Transparence selon Irina, 2019 ; Le Silence selon Manon, 2021, L’Absence selon Camille, 2024), que nous avons eu l’honneur de recevoir ce 26 septembre 2025.

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Publication des travaux de la première édition

Il aurait été impossible de clore cette première édition du Droit d’après sans mettre une nouvelle fois l’honneur le travail accompli par les étudiants.

Grâce au soutien d’Orion « Osez la Recherche », de l’Institut François Geny et à la mise en page de Mme Selena Guérin et de M. Basile Colmé, tous les travaux des groupes ont été réunis dans un seul et même ouvrage imprimé. Il s’agit de cette manière de valoriser leur travail à la manière des actes des travaux universitaires pour en garder une trace.

C’est cet ouvrage qui leur a été remis officiellement le 2 octobre que nous vous invitons à présent à découvrir en téléchargement.

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Un nouveau thème, pour une nouvelle année : « Connectés »

Par Jérôme CHARPENTIER et Jean-Baptiste THIERRY

L’infinité des futurs possibles (le fameux « Et si… ») étant le traditionnel terreau des œuvres de science-fiction ‒ le sous-genre concerné (anticipation, space opera, hard sf, post-apocalyptique, etc.) important peu ‒ il était naturel qu’un projet pédagogique, non seulement centré sur les relations entre le droit et la littérature, mais aussi volontairement tourné vers la prospective, s’en fasse l’écho. Après avoir fait travailler les étudiants à partir de rien ou presque rien en prenant comme point de départ des récits post-apocalyptiques, nous avons pensé pour cette nouvelle édition du projet à une nouvelle thématique très traitée dans la littérature et qui n’épargne aucune branche du droit : « Connectés».

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Présentation de la charte Eura-Méditerranée

Ils sont trois étudiants, rattachés au groupe 4, à s’être penchés eux aussi sur les conditions de vie après une apocalypse nucléaire: en résulte la Convention Eura-Méditerranée riche de ses 12 titres et de ses annexes.

Plus qu’une simple variation sur le thème de la vie dans un silo, c’est un modèle totalement différent de celui qui a pu vous être présenté dans le cadre de la Charte de l’Abri. Dans cette convention, ces trois étudiants ont choisi de penser cette vie sociale dans tous leurs détails (y compris matériels et techniques) tout en poursuivant un but précis: celui de penser un autre modèle de règlement de la vie sociale plus humain et harmonieux. Leur travail complète ainsi parfaitement la Charte de l’Abri et illustrent à eux deux la richesse des futurs possibles pensés par les étudiants dans le cadre du projet le Droit d’après.

Présentée oralement le 20 mai sous la forme d’un journal télévisé, c’est cette convention que les étudiants eux-mêmes vont vous présenter et que vous allez à présent pouvoir découvrir.

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